Qu'importe... Qu'importe qu'elles soient deux ? Qu'importe qu'elles ne fassent pas comme les autres ? Qu'importent les autres ?
Le monde... Les hommes... Quelles idioties ! Vouloir être comme les autres, ne pas se faire remarquer, voilà bien la preuve que les hommes sont idiots.
Elles n'avaient pas peur des hommes. Elles ne voulaient pas se plier à leurs règles idiotes.
Au coin du lit, elles s'étaient endormies, sans soucis, sans peur des hommes. Cette nuit, elles s'étaient réunies, pleines d'ivresse et de joie. Cette nuit, et toutes les autres, elles s'étaient différenciées de l'idiotie humaine.
Dans la chambre, dans le silence, elles se ressemblaient, endormies, les cheveux flottants sur leur oreiller... Elles avaient la volupté de deux princesses, deux anges qui avaient fauté sans se soucier du jugement que leur imposeraient les hommes.
La main de l'une effleurait le dos de l'autre en une douce caresse... Leurs jambes s'emmêlaient en une danse silencieuse... Leurs souffles se rejoignaient en une longue litanie...
L'une religieuse, l'autre amoureuse... Si différentes, et si semblables... Leurs doigts graciles qui s'entremêlaient pour ne jamais se lâcher...
Je ne peux quitter des yeux ces deux pécheresses... Ces deux magiciennes, enchanteresses, dont les mots silencieux me racontent le plaisir et le bonheur d'un monde ignorant l'idiotie humaine...
La lune, blanche, éclaire leur peau de lait sous les draps de satin qui ne les couvrent qu'à moitié. Ta peau... La sienne...
Un jour... Un jour, je te l'écrirai... Un jour, j'oserai te le dire...
Et toi, tu me répondras... Tu me le diras ? Tu me diras ce que tu feras de moi ?
Je te promets d'être pour toi... Rien que pour toi... Rien qu'à toi... Je te promets que plus jamais, on ne me regardera...Que plus personne ne pourra me toucher, m'effleurer...
Je t'appartiens. Je suis à toi. Fais de moi ce que tu veux...
Je te promets qu'on aura une belle histoire. Rien que toutes les deux. Sans personne d'autre.
On ne se quittera jamais, dis ? On sera toujours toutes les deux ? Je ne peux pas vivre sans toi. Et toi ? Me sens-tu indispensable dans ta vie ? Ou ne suis-je qu'une ombre de passage dans cet univers d'idiots que sont les humains ?
Dis-moi... Dis-moi ce que tu ressens... Dis-moi, tu me préfères moi, ou tu préfères ta pécheresse, ton ange, ton amoureuse, ta princesse ?...
Dis-le-moi... Je m'effacerai si tu le veux. Je disparaîtrai. Si tu ne veux pas de moi, dis-le-moi et je t'en serai reconnaissante.
Ma pécheresse... Toi qui n'as pas peur de te moquer des hommes. Toi qui, sans hésitation, sans regret, sans honte, avoue et clame l'idiotie des hommes...
Toi qui, en silence, confirme ton péché, ta faute...
Ta peau... Si délicate... Comme elle doit être douce à caresser... Tu seras mienne, dis ? Tu m'appartiendras, pour toujours ? Tu resteras toujours avec moi ?
Je te promets... Je te promets de t'écrire tous mes secrets...
Une comète passe dans le ciel, jouant des ombres sur les draps qui calquent si bien tes formes...
Je te promets une belle histoire que jamais on n'oubliera.
Personne ne me parlera plus. Je serai à toi...
Rien qu'à toi...
Si tu le veux...
La nuit, éclairée par la lune, si ronde, si blanche, si parfaite, me semble illuminée. Le silence m'allège le cur...
Ma pécheresse qui dort... Ma jolie princesse qui sommeille dans les bras de sa princesse...
Oui, un jour, je te le dirai...