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Avant tout, il me semble qu'une petite remise en contexte est nécessaire. J'ai 17 ans, je suis avec ma copine depuis un peu plus d'un an, je vis chez mes parents et surtout, j'ai fait mon coming out à ma famille il y a maintenant presque un an. Je ne suis vraiment pas à plaindre : mes parents l'ont bien pris, ils connaissent ma copine, qui vient très régulièrement dormir à la maison, et ne m'ont jamais fait culpabiliser. Lorsque je leur ai annoncé la bonne nouvelle, ma mère a beaucoup pleuré et mon père n'a rien dit, ou plus exactement était incapable de prononcer quoique ce soit, mais après qu'ils ont repris leurs esprits, ils m'ont dit que le principal était que je sois heureuse. Ils ont évidemment ajouté que c'était sans doute dû à une crise d'adolescence, de ne pas savoir exactement ce que je voulais, et que tout cela allait passer, qu'en tout cas ils l'espéraient (ben oui, comme tous parents, ils me voyaient avec un homme de bonne situation, mariée avec des enfants...). Deux ou trois jours plus tard, ma mère a voulu que j'aille voir un psy. Elle disait que c'était pour que je parle de cela à quelqu'un de neutre. Elle disait également qu'il fallait que je sois forte pour l'avenir car je n'avais pas choisi la simplicité (je ne voyais pas très bien, et ne vois toujours pas, le rapport avec le psy, mais bon... :) ). J'y suis allée une fois, parce qu'elle y tenait, puis je n'y suis plus jamais retourné (il me posait des questions que je trouvais un peu trop perverses à mon goût). Ca, c'est de la remise en contexte !!! :) Enfin voilà, au début je me demandais toujours ce qu'ils pensaient en me voyant. J'étais mal à l'aise, j'essayais de croiser leur regard le moins souvent possible. Puis, petit à petit, tout est redevenu comme avant. Mais depuis quelques temps, je note l'apparition de l'effet « post-coming out ». Bon, déjà, la première nouveauté est que depuis mon coming out, j'ai l'impression que mes parents manquent toujours de s'étrangler en prononçant le mot « homosexuel(le) » ; celui-ci ne sort plus de leur bouche qu'après un long moment d'hésitation. Il y a également un changement de vocabulaire : chez mon père, les mots « pédé » et « gouine » sont désormais remplacés par [hésitation-moment de réflexion (intense ;)]... homosexuel(le) ». Enfin, ça, ce n'est rien, ça me fait plutôt rire. Ce qui me déplaît dans « l'effet post-coming out », ce sont les changements d'attitude par rapport à moi. Par exemple, depuis quelques temps, j'hésite à me faire couper les cheveux (je les ai relativement longs et je les porte attachés), alors, un jour, j'en ai fait part à ma mère et là, surprise, elle m'a dit « ah non, tu ne vas pas te faire couper les cheveux !!! », sous-entendu « tu ne vas pas devenir une camionneuse !!! », alors qu'avant, quand je les avais hyper courts ( 2 à 3 cm) elle trouvait que ça m'allait très bien et ne m'avait jamais rien dit ! C'est pareil pour les vêtements (je tiens à préciser que mes parents ne sont pas stricts en ce qui concerne la tenue vestimentaire étant donné que je porte des pantalons de mec ultra larges qui « dégoulinent », selon mon père). À chaque fois que je parle d'un haut plutôt large, ma mère me réplique que je ferais bien de m'habiller un peu plus féminin etc. etc. etc. Alors qu'avant, en plus de mes pantalons, je mettais des hauts larges (voir super larges) et, là encore, on ne me disait jamais rien, parfois c'était ma mère elle même qui me disait qu'elle en avait vu de beaux qui devraient me plaire !!! Je passe sur cet été où l'on voulait absolument que je mette un maillot deux pièces... ! (comme si un maillot une pièce faisait masculin pff !). Et ça, ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres. Ce n'est pas que j'en veuille à mes parents ou que je me plaigne (je m'estime plutôt chanceuse et privilégiée par rapport à d'autres), pas du tout, mais c'est juste que ÇA M'ÉNERVE !!! Je trouve ça nul puisque de toute façon je suis comme ça et ce n'est pas de me couper les cheveux qui va faire de moi un mec !!! Surtout que je ne crois pas être très masculine dans ma manière d'être et de parler -- bien que je ne sois pas non plus un modèle de féminité -- et je ne pense pas que la féminité réside dans la coiffure et la tenue. Comme l'a dit Carole dans son article « Mais où est donc passée ma féminité ? » de Juin 2000, quand Wynona Rider est en salopette, non maquillée, avec les cheveux courts, on ne dit pas que c'est un mec ou qu'elle n'est plus féminine ! Enfin voila, tout ça pour dire que bien que nos proches puissent accepter le fait que l'on soit homo, cela leur déplaît toujours un peu (c'est normal me direz vous) et ils veulent souvent rejeter l'image qui leur rappelle que l'on est ainsi... La prochaine fois, je vous raconterai comment une fille qui m'a demandé, ELLE, que je la pare en gym m'annonça qu'elle ne voulait pas que je la « pelote » !!! (Moi, quand je pare les gens qui font le poirier, je me contente de les empêcher de tomber en leur tenant les jambes, je n'ai pas l'habitude de poser mes mains sur leur poitrine ou leurs fesses ! Même en étant lesbienne ! ;) ). Les préjugés pourris de ce genre aussi m'énervent ! |