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Saluons, en ces temps politiquement incorrects, l'action remarquable lancée par la Fédération nationale des maisons des potes ! Afin de sensibiliser l'opinion aux problèmes que rencontrent les femmes dans certains quartiers de banlieue et d'agir concrètement en leur donnant la parole, la Fédération a créé en 2000 la commission nationale « Femmes », en s'inspirant des prises de parole dans les associations du réseau. À son initiative, les États généraux nationaux des femmes des quartiers ont rassemblé plus de 250 femmes en janvier 2002 à la Sorbonne. Ceux-ci ont débouché sur la mise en circulation de la pétition nationale « Ni putes, ni soumises », à un manifeste de revendications ainsi qu'à la constitution d'un livre blanc issu des témoignages recueillis, qui dénonce la seule alternative qu'ont actuellement ces femmes : soit vivre en femmes émancipées et être considérées comme des « putes » dont on peut faire libre usage, soit se conformer au modèle de la fille de bonne famille et être ainsi privées de leur liberté.
Leur dernière action, qui se déroule en ce moment même dans toute la France, s'appelle « la marche des femmes des quartiers contre le ghetto et pour l'égalité ». Le 1er février, une dizaine de marcheuses ont quitté Vitry, ville symbole car lieu de l'assassinat de Souhane (souvenez-vous de cette jeune fille brûlée vive
) : elles doivent traverser vingt-sept villes de France avec pour objectif de dénoncer les violences, le sexisme, le machisme de l'entourage familial, la pression sociale des quartiers au quotidien. Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Narbonne, Marseille, Grenoble, Lyon, Clermont-Ferrand, Lons-le-Saunier, Strasbourg, Metz, Charleville-Mézières, Lille et enfin Paris le 8 mars, lors de la journée de la Femme, après un tour de cinq ou six villes en banlieue (qui débutera le 1er mars à Fontenay-sous-Bois). Chaque étape est l'occasion de faire entendre leurs revendications en rencontrant les représentants des pouvoirs publics locaux, les associations militantes, ainsi que les hommes et femmes que ce problème ne laisse pas indifférents.
Si vous voulez donner un coup de main, participer, ou en savoir plus, consultez leur site internet qui vous donnera toutes les informations nécessaires : itinéraires et dates de la marche, programmes dans les différentes villes, compte rendu au jour le jour, dossier de presse, et surtout pétition « Ni putes, ni soumises » Pour les contacter, m@il ou téléphone : 01 44 93 23 23 |