Lesbiennes et MST

 

Quand on parle des MST dans le « milieu » homo, on pense souvent aux garçons, mais on parle assez peu des filles. On entend même parfois qu'elles ne seraient pas concernées : c'est absolument faux ! ! !

Les risques existent (sida, hépatites, etc.) et cette question commence à faire l'objet de discussion au sein de la "communauté lesbienne", comme à Cineffable en octobre-novembre dernier.

Peut-on dire qu'on connaît entièrement une personne, même si on vit avec elle depuis des années ? Sans doute pas, la confiance a ses limites. Il est encore très difficile d'aborder le sujet des risques de transmission des MST entre femmes, car notre sexualité reste un sujet très tabou, même entre nous. Il n'est donc pas toujours évident d'en parler...

 

Prenons concrètement l'exemple du sida (mais cela vaut pour l'ensemble des MST), le virus peut se transmettre par le sang et les sécrétions vaginales. Les risques sont presque nuls lors de baisers, caresses, masturbations. Par contre, ils augmentent lors des cunnilingus et anulingus, en dehors des règles, et sont élevés pour des cunnilingus pendant les règles, les pénétrations (fisting, doigtés, etc.) et l'échange d'objets sexuels.
Alors, quels sont les moyens de se protéger ?  
-  le carré de latex, pour les cunni et anilingus
-  le préservatif (par exemple le Fémidon, préservatif féminin) pour les objets sexuels (godes, etc.)  
-  les gants en latex en cas de coupures sur les doigts ou pendant les règles, par exemple.  
Rappelons que ce « matériel » est à usage unique...  
Nous avons aussi évoqué les risques d'infections fréquentes chez les femmes : mycoses, infections urinaires ou cystites. Afin de les éviter, se laver les mains avant les rapports, ne pas passer directement de l'anus au vagin, avec le même doigt par exemple, peuvent être de bons conseils.
Ne pas hésiter à consulter un-e spécialiste (gynéco) si vous avez des questions. En cas de doute, des centres de dépistage du Sida gratuits et anonymes existent dans chaque ville.

Le safer sex est encore un sujet qui fait peur et avec lequel nous ne sommes pas très à l'aise. En outre, certaines ne se sentent pas concernées, alors que les risques, même s'ils sont limités, existent. Il ne s'agit pas de se gâcher le plaisir, bien au contraire : on peut utiliser ces moyens de protection comme des jeux, ce qui peut renforcer la complicité et le dialogue...

 

 

 

Nathalie Guesdon