Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

Partout où je regarde, je vois des choses qui ne vont pas.

Au plan mondial, entre la montée de l’ultralibéralisme et des intégrismes religieux, le réchauffement de la planète, Bush et Poutine qui jouent à qui va faire pipi le plus loin sans que l’Europe dise autre chose que « C’est un peu sale quand même », le monde entier qui regarde crever l’Afrique en se disant « Ben ce sont leurs affaires, hein ? », on ne sait plus où donner de la tête.

En France, la droite fait un massacre, les acquis sociaux sont dégommés les uns après les autres, la précarité s’étend, les discriminations sont toujours là, tranquilles, l’intolérance ne s’est jamais aussi bien portée, le SIDA s’emballe, les bidonvilles fleurissent. Que du bonheur.

Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

Se syndiquer et voter à gauche ? Dans ma famille on est à gauche depuis que ça existe. Mais là moi, la digne héritière de ma famille, je n’ai même plus envie de voter à gauche. Parce que bon, les socialistes, ils donnent pas envie : pas d’idée, que des phrases creuses du genre « La droite s’y prend comme un manche ! Si nous étions au pouvoir ce serait mieux. » Et vous feriez comment ? « Ben heu… mieux. » Ben voyons ! Et je n’ai même pas envie de parler des conneries du genre « L’entourage de Monsieur Fabius tient à préciser que si son livre sur l’Europe est sorti un jour plus tôt que celui de Monsieur Strauss-Kahn sur le même sujet alors qu’il devait sortir dans trois semaines, c’est une pure coïncidence !!! ».

Voter plus à gauche ? C’est tentant… Mais ça nous a quand même joué un sale tour il n’y a pas si longtemps… Et puis bon, si on enlève ceux qui se contentent de répéter « Il y a les patrons d’un côté, c’est le mal, et il y a les ouvriers de l’autre, c’est le bien » (moi je ne suis ni ouvrière ni patronne alors je ne sais pas trop)… Il reste les Verts. Mais ils sont très très occupés : il faut qu’ils se définissent et trouvent un leader…

Se tourner vers l’associatif ? Militer ? J’ai milité et je milite toujours. Mais là, rien qu’en lisant les journaux, je vois vingt causes qui mériteraient chacune une vie d’engagement ! Et je n’ai pas vingt vies !! Je n’en ai qu’une.

Alors parfois je me dis que finalement je pourrais en profiter de ma vie… Je travaille dur, je gagne ma vie, je milite pour les droits civiques, je soigne des chats errants… Peut être que je pourrais profiter du peu de temps libre que j’ai pour moi. Vivre sans trop me poser de questions ou regarder ailleurs.

Mais ai-je seulement ce choix ? Si je mets des œillères et que je commence à vivre uniquement pour moi, rien ne me dit qu’à très courte échéance, je ne vais pas sortir de ma maison sur les coteaux toulousains et découvrir qu’ils sont devenus un front de mer, que je n’ai plus de boulot parce que l’Inde produit des ingénieurs aussi bons que moi qui travaillent pour 10 fois moins cher et que je n’ai même pas droit au chômage parce que ça n’existe plus.

Et puis je lis le journal le lendemain, l’Irak, l’Iran, Israël, la Côte d’Ivoire, l’assouplissement de la loi sur les licenciements, la remise en cause des 35h, du droit de grève, les millions de chômeurs, les bidonvilles, Sangatte, le racisme et l’antisémitisme, l’homophobie… Et je n’ai qu’une seule pensée.

Mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

Alors je cherche. J’essaye. J’essaye d’être une citoyenne respectueuse des autres, de l’environnement, du monde. J’essaye d’être consciente du monde qui m’entoure, de trouver des solutions ou à défaut des gens qui ont des solutions et que je pourrais soutenir. J’essaye de me garder un peu de temps aussi parce que bon.

J’essaye. Mais je n’y arrive pas.

Mais qu’est-ce qu’on peut faire bon sang ?


Carole, pour les Fées du Logis


P.S. : Si vous avez des idées, je suis preneuse.


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