En pleine période de doutes sur mon art féerique, je me fends quand
même d'une chronique télé. Cette fois-ci, je ne vais pas faire plier
mon sujet sous le joug d'un fil conducteur maladroit et assumer pleinement
la notion de zapping.
(Samedi 8 novembre 2003, 17 heures sur TF1)
La gorge nouée, les yeux humides, le kleenex totalement assumé à la
main, nous disons, ma compagne et moi, adieu à Dawson, à sa pléiade
d'amis, à ses questionnements philosophiques sans fin et sans fond
et surtout, à notre adolescence - pour mémoire, j'ai commencé à suivre
cette série à 22 ans bien tassés
Pourquoi en parler sur les fées me direz-vous ? Celles qui ont suivi
les deux derniers épisodes pathétiques de la saga pourront répondre
aisément à ce questionnement, je vais aider les autres.
À la grande surprise de la téléspectatrice avertie que je suis
et que je reste, la chute de la série pré-pubère fut totalement « gay
friendly ». Pour mémoire, depuis quelques saisons, les
scénaristes ont intégré à la bande de potes un gay, Jack. Il est passé
par tous les affres de la découverte de l'homosexualité jusqu'à l'outing
dans sa petite ville et la vie de couple heureuse. Bref, dans le dernier
épisode, une des protagonistes, notre préférée, tombe gravement malade.
Elle l'est tellement qu'elle va mourir. Rebondissement totalement
inattendu puisque nous avons appris quelques minutes avant qu'elle
était mère célibataire, à qui va-t-elle laisser son bébé avant de
passer de vie à trépas, hein ? Je vous le donne en mille
au
gay… Jack.
Là, nous en étions déjà à plusieurs seaux de larmes. Summum de l'émotion,
l'adoption permet au gay de service de se remettre avec son petit
ami qui jusque là n'assumait pas ce qu'il était
Une série américaine qui se termine en soulevant le problème de l'homoparentalité,
quel pied, non ?
Ma petite amie adorée qui était sur le net pendant ces instants lacrymaux
a renvoyé tous ses contacts lesbiens devant leur petit écran. Les
gouines ont beaucoup pleuré le 8 novembre.
(Un jeudi soir d'octobre sur TF1)
J'espère bientôt pouvoir développer de façon plus large le sujet que
je ne vais qu'effleurer maintenant. Dévoilons quand même une partie
du mystère. Dans une émission de « talk » de la Une, une
des héroïnes DU feuilleton français culte « Sous le soleil »
a annoncé que son personnage, Caroline, allait devenir… lesbienne.
Puisque je regarde tout à la télé, dois-je le rappeler vraiment je
suis téléphage, je suis également « Sous le soleil ».
J'assume à mort. J'ai hâte de voir comment un sujet aussi délicat
va être aborder par la fiction française de grande qualité. ;-) Les
scénaristes vont certainement chercher à ne pas faire fuir trop vite
leur public et la morale sera à mon avis préservée à la fin, mais
bon, on peut quand même se demander à quoi ressemblera celle qui convertira
la délicieuse ex-Madame Hallyday aux plaisirs saphiques. Afin de faire
fantasmer le mâle et la ménagère, je la vois plutôt féminine, mais
avec un tailleur pantalon
Enfin, plus comme ça qu'autrement
c'est clair.
J'espère bientôt pouvoir consacrer une chronique entière au sujet.
Un mot quand même sur la façon dont ce scoop a été présenté. Après
l'annonce détonante de la comédienne, les hommes présents sur le plateau,
soucieux certainement de montrer qu'ils en avaient, ont commencé à
affecter une excitation exagérée tandis qu'elle restait de marbre.
Un bon point pour elle en passant ! Je lui en accorde un second
pour avoir dit qu'elle ne voyait pas tellement de différences entre
embrasser un homme et une femme et que les scènes - que j'espère déjà
secrètement très, très chaudes - entre elle et sa compagne de fiction
n'avaient pas été difficiles à tourner.
(Mois de septembre, octobre, novembre, etc… sur M6)
J'avais suivi d'un œil distrait les aventures du Bachelor et des Cendrillons
modernes qui cherchaient le prince charmant. Depuis, évidemment, j'ai
réfléchi aux aspects infiniment sexistes de ce programme, mais bon,
tel n'est pas le sujet aujourd'hui, enfin si un peu quand même. Je
me suis aperçue, depuis quelques semaines, que la sixième chaîne avait
recyclé habilement nos postulantes au mariage en les utilisant comme
présentatrices de programmes de grandes qualités : la météo, le télé-achat
et les micro-chroniques humiliantes dans des émissions mâles. Humiliées
une première fois par la télé-réalité et ses cruelles lois, elles
en redemandent. Elles ont peut être pris goût au statut peu enviable
de potiches faire-valoir. Elles voient peut être ces émissions comme
des tremplins. Mon conseil du jour restera quand même : sauvez-vous
les filles tant qu'il vous reste une once de fierté !
(Lundi 17 novembre, France 2, " Ça se discute, jour après jour
")
Aujourd'hui JLD aborde un sujet bien à la mode : « le
coaching ». Je ne vais pas m'exprimer sur le fond du problème,
je réserve ça à d'autres publications moins «
féministes et lesbiennes ». Parmi les quatre cas présentés,
j'ai choisi de m'intéresser au témoin femme qui n'arrive
pas à garder un homme. En assumant mon homosexualité
pleinement, j'ai arrêté de m'exposer à cet écueil.
Quel soulagement ! Trêve de plaisanterie, ce n'est pas
drôle de ne pas pouvoir garder un compagnon. La jeune femme
filmée a donc décidé de faire appel à
un coach d'une école de charla… oups
de conseillers
en la matière reconnus dans la capitale. Depuis l'émission,
j'ai décidé de devenir coach à mon tour. ça
ne semble pas très dur et super rémunérateur.
Mon premier conseil à la dame en tant que coach nouvellement promu
aurait été : « N'annonce pas dès le premier rendez-vous
à ta proie que tu cherches l'homme de ta vie, même les plus idiots
- pardon les plus courageux - fuiront. » La pro, elle,
a choisi de lui dire : « Tu es trop sexy ».
Suis-je bête pour attirer l'homme d'une nuit, logiquement femme tu
t'habilles comme une cochonne, pour chasser celui de ta vie, le futur
père de tes enfants, tu restes sobre. C'est la règle de base les filles
! J'aime beaucoup ce genre de conseils très frais et pas du tout sexiste
qui m'amènent à croire à nouveau en l'être humain.
Deuxième conseil vital : Femme, intéresse-toi à l'homme que tu as
en face de toi. Ta vie, tes envies, tes aspirations, tout cela, c'est
secondaire, l'essentiel c'est Lui. Pour deux raisons, d'abord parce
que ta proie aime que tu t'intéresses à elle, ensuite parce qu'en
posant des questions tu sauras plus vite si c'est un bon candidat
au mariage ou pas !
Troisième conseil : (celui-là, je vais l'intégrer à ma méthode, il
est très bon) Femme, pour paraphraser un célèbre adage, l'habit ne
fait pas le moine. En termes plus explicites, ce n'est pas parce que
ton rendez-vous est beau gosse et bien habillé qu'il est cadre ou
informaticien. Le monde s'est écroulé autour de moi à ce moment-là.
Les laids mal fringués peuvent aussi avoir des sous.
Le pire, lectrices, c'est que je caricature à peine.