| Mixité bis ou la réponse d'une (puis deux) anti-sexiste(s) adepte(s) de la mixité |
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Avant tout, il faut que je me présente, c'est nécessaire pour éclairer
mon propos dans cet article. En ce qui me concerne, je suis entrée en CP dans une école
de filles. Pur produit de la communale moi aussi, j'ai fait partie
d'un petit groupe de fillettes de CM1 transplantées de l'autre
côté de la barrière, chez les garçons,
l'année où la mixité tant attendue et revendiquée
par nos parents prenait enfin place dans notre petite cité
scolaire. J'étais une héroïne ! Et une guerrière…
car affronter les garçons qui n'avaient jamais eu de filles
dans leur classe, c'était à la fois un privilège
et une gageure aux yeux de certaines et certains. En fait, je dois avouer que je n'ai pas pu m'empêcher de tiquer lorsque
j'ai lu l'article parlant de la mixité à l'école publié sur notre
toile le mois dernier. Au départ, je n'ai pas compris toute la portée
de son propos et il m'a fallu le lire très attentivement à plusieurs
reprises, vérifier les références, aller en chercher d'autres pour
me rendre compte que n'y était évoqué qu'un seul aspect des choses.
Le respect… et le plaisir. Et puis, une certaine connaissance de
l'autre acquise progressivement, parce qu'on a grandi ensemble et
non brutalement, parce qu'un jour on a 15 ans et qu'il faut affronter
la réalité de la vie qui, elle, est indéniablement mixte. Mais ça,
ce sont les souvenirs. Aujourd'hui, les enfants et ados ne se posent
pas la question de savoir s'il est bon ou mauvais d'être avec l'autre
sexe. Il y a juste pour eux ces phases inévitables où l'on trouve
que " les filles c'est nul ", " les garçons, c'est nul " puis, petit
à petit, on se rapproche au point parfois d'en perdre complètement
la tête, poussée d'hormone oblige. Mais la mixité fait partie de leur
monde, point. Les relations garçons/filles s'inscrivent dans la réalité
: le monde est fait d'hommes et de femmes, inutile de se préserver
de cette vérité peut-être inconfortable parfois, mais incontournable.
Car, si on en arrivait là, c'est que le modèle de société dans lequel
on vit aurait changé. Cela signifierait soit qu'on sépare les sexes
pour les préserver l'un de l'autre (c'est la tendance du discours
sur la violence) soit qu'on les sépare pour en préserver la spécificité
(et dites-moi alors ce qui est spécifique aux filles et ce qui est
spécifique aux garçons, hein…) et c'est la tendance de tout discours
rétrograde qui veut coincer bobonne à la maison entre les lessives
et les courses. Il est évident que la mixité à l'école n'est pas suffisante à elle
seule pour faire disparaître le sexisme de notre société. Surtout
aujourd'hui, quand le féminisme a mauvaise presse et que le sexisme
revient en force dans les jeunes générations pour qui la valeur montante
est la "loi du plus fort". Il reste encore beaucoup à faire, toujours. Pour les garçons d'aujourd'hui, les relations avec les filles sont
présentées de façon concurrentielles. Le ressentent-ils ainsi ? Je
ne le pense pas. Ils sont plutôt confrontés au regard des autres garçons.
C'est une sorte de concurrence dans le masculin, "masculinité" étant
alors entendu comme un ensemble de contre-qualités intellectuelles.
Les garçons intelligents, studieux ou simplement intéressés par les
études, le travail et la lecture sont déconsidérés aux yeux d'une
grande majorité. Il leur faut se trouver des pairs pour se conforter
dans leurs choix trop "féminins". Dans ces conditions, il est plus
facile pour certains de baisser les bras et de renoncer à la part
"intellectuelle" d'eux-mêmes au profit d'une fraternité brute où seules
la force et l'apparence ont de l'importance. Je ne sais pas si je peux me permettre ici d'aller plus loin, je
ne suis en aucun cas une théoricienne de l'éducation. Mais il est
clair que tout notre système éducatif est confronté actuellement à
des difficultés qui vont bien au-delà de la mixité des sexes et qui
touchent également à la bonne mise en pratique de la mixité sociale
et culturelle ainsi qu'à l'apprentissage de valeurs de respect de
soi-même et des autres. La violence et le sexisme de notre société
déteignent sur l'école. De quelle manière l'école peut-elle faire
évoluer notre société ?  L'école est à la fois le lieu où s'expriment ces tendances profondes
de notre société (sexisme et violence) et celui ou règne un contre
discours, à savoir l'égalité des chances des filles et des garçons,
l'égalité des critères d'évaluation. Supprimer la mixité, c'est revenir
à une époque où les filles et les garçons étaient enseignés différemment
parce qu'on voulait façonner deux catégories d'êtres. On prétend vouloir
remettre les garçons en selle parce qu'on pense qu'ils souffrent de
la concurrence avec les filles, on prétend vouloir protéger les filles
de la violence des garçons trop dépités par leur supériorité… il n'en
est rien. Là encore, comme pour tous les problèmes de type société,
on ne veut pas aller jusqu'à sa cause. On ne veut pas voir que c'est
dans le modèle idéologique lui-même que se trouve la racine du mal.
Il faut changer notre regard et donc notre projection du masculin
et du féminin si on veut endiguer à la fois la déchéance intellectuelle
des garçons et la violence entre jeunes. Ah si, j'oubliais un point important qui sous-tend tous ces propos
qui présentent les garçons comme obligatoirement agressifs, entre
eux et envers les filles, et qui positionne les filles en tant que
victimes obligatoires, rarement capables de se défendre. Est-il besoin
d'insister et de détailler pour se rendre compte de ce que cela véhicule
de sexisme régressif qui nous ramène à un stade très animal de notre
évolution. Face à de telles thèses peut-être faudrait-il rappeler
nos plus anciennes théoriciennes du féminisme et rééditer certains
manifestes féministes historiques. Exactement keske j'pense
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| Mireille & Leïla |
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Références : Dossier de l'Express à lire en totalité Texte sur la Violence scolaire par l'Association Du côté des femmes Une autre interview de Michel Fize Les Furies contre Michel Fize |
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