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Il est souvent question de "minorité" à propos de la communauté homo/bi/trans, une minorité jugée opprimée, où les individus sont considérés comme victimes de l'intolérance. Je refuse ce statut de victime. S'il y a des générations, je suis de celle d'Act Up où l'on est là debout pour agir. Mais, bien qu'agir soit essentiel, ce n'est pas que lutter : c'est aussi vivre en s'assumant et en s'appropriant la liberté. Est victime celui qui prête toujours attention aux réactions de la société et qui ne pense jamais détenir à lui seul la liberté. Je ne ressens aucune fierté mais une force qui m'a toujours poussée à accéder à la liberté. Si je veux embrasser ma copine dans la rue, je ne vais pas le revendiquer mais le faire ! Car tant qu'on ne vient pas nous agresser, je me sens libre d'agir. Me poser victime, me morfondre dans une sorte de "paranoïa sociale", ce n'est pas pour moi. Le statut de victime ne permet aucune évolution positive. La passivité n'amène à aucune visibilité, réflexion, évolution, et ne fait qu'entretenir l'ostracisme. Je ne nie pas une certaine position sociale marginale, mais cette "marge" n'empêche en rien ma capacité à exploiter pleinement cette vie. Dans l' "Histoire de la sexualité : La Volonté de Savoir (tome 1)", Michel Foucault explique que cette position marginale occupée - entre autre - par l'homo le rend autonome d'acquérir une nouvelle forme de pouvoir, dans le sens d'outil de liberté. «L'homosexualité est une occasion historique de rouvrir des virtualités relationnelles et affectives, non pas tellement par les qualités intrinsèques de l'homosexuel, mais parce que la position de celui-ci, "en biais", en quelque sorte, les lignes diagonales qu'il peut tracer dans le tissu social permettent de faire apparaître ces virtualités.» [p.81, "Saint Foucault", David Halperin]. Je ne me sens pas opprimée car je possède des possibilités d'actions/réactions. Je suis actrice de ma liberté. |