Ventre



Lorsque ma main se pose sur son ventre, je suis en sécurité. Tout mon corps se détend enfin. Ma respiration s’apaise. Mes angoisses s’envolent. Je rentre chez moi. Il n’y a plus de questions, juste cette évidence de la chaleur de son ventre dans ma paume.

Ne vous méprenez pas. Ce n’est pas le ventre de ma mère. Celui-là ne me rassure pas. Il m’aurait plus souvent donné envie de fuir, de fuir l’étouffement.

Non, ce ventre-là, cette peau-là, ce ventre de femme où mes doigts se glissent et dessinent, c’est celui de l’Autre.
Celle qui est venue me rejoindre. Celle qui a croisé ma route dans un temps improbable et qui s’est arrêtée pour me faire goûter l’évidence. Elle aurait pu passer à côté, continuer son chemin vers elle-même, vers sa vie, mais elle en a décidé autrement.
Elle m’a ouvert sa porte, et les yeux. En guidant ma peau vers sa peau, elle m’a permis de me trouver. En me trouvant, je lui ai ouvert ma porte, et les yeux.

Lorsque ma main se pose sur son ventre, il n’y a que sa vérité et ma vérité. Sans fard et sans artifice, sans ces conventions qui ne comprennent pas cette rencontre. Elle est femme et je suis femme. Elle est cette autre qui fait de nos deux vies une vie différente, belle, qui nous donnent la force de regarder au-delà.

Lorsque je m’allonge près d’elle, et que ma main glisse sous les draps et touche son ventre, j’existe. Elle est vivante. Je vis.

Alors j’ouvre les yeux et je regarde le monde et il me fait moins peur.
Le ventre des femmes donne la vie. Oui ! Mais de multiples façons.

Viens, on va faire la sieste…


Mireille


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