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Amicalement vôtre |
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« L’amitié ce n’est pas le problème des femmes. ( ) L’amitié c’est le problème des hommes. C’est leur romantisme. Pas le nôtre. » Sans vouloir tomber dans le sexisme primaire qui calque l’identité sexuelle sur un certain nombre d’habitus caricaturaux, cette phrase de Milan Kundera sonne comme une corne dans la brume Alors c’est donc ça ! N’avez-vous pas déjà remarqué que « ma meilleure amie » ne semble pas avoir le même sens que « mon pote Machin » ? Pourquoi la fameuse meilleure amie de madame semble de soi impliquer un certain taux de rivalité féminine. Alors que, bien entendu, le pote de monsieur est l’Ami, le vrai ! Peut-être, tout simplement, parce que nous ne mettons pas le même sens derrière ce mot. Sondage :Vous avez un maximum de réponse a. : vous êtes un homme, y’a pas de doute.1) Vous êtes : Vous avez un maximum de réponses b. : vous êtes une femme. Grande nouvelle. Vous avez un maximum de réponses c. : vous êtes en train de vous ficher de moi, c’est certain. Vous avez autant de b. que de a. : reportez-vous au dernier paragraphe Vous avez autant de a. que de c. : c’est pas bien de tricher dans les sondages. Tssssss Les autres devraient consulter « J’aimais dire : entre la vérité et l’ami, je choisis toujours l’ami. ( ) L’amitié était pour moi la preuve qu’il existe quelque chose de plus fort que l’idéologie, que la religion, que la nation. » Ok, ok. ça, c’est les mousquetaires de Dumas. Mais sincèrement, vous vous voyez être amies avec Mme de Duchmol, femme au foyer votant à droite de la droite, mariée au docteur du préfet de police ? (Où une caricature ?) Bah moi, non. Pas que je mette la valeur des gens dans les étiquettes qu’ils se collent sur la tronche, mais tout de même. Il y a toujours un fond de vrai dans l’étiquette, non ? Moi, par exemple Je suis visiblement une goudou ascendant pétasse à mes heures, grande gueule et pas commode. Bon Ça, c’est le visible. Même si la réalité est bien plus nuancée, les étiquettes, je les ai fabriquées moi-même, de mes petites mains. Et c’est pareil pour tout le monde, qu’on le veuille ou non. Eh bien cette façade, si elle compte dans le rapport qu’on a avec autrui, elle compte aussi pour autrui dans le choix des amis (vous me suivez ?). Or donc, il semblerait que pour ces messieurs, cette grande et belle amitié aille au-delà de toute étiquette, de toute valeur morale ou autre. Mmmouais S’ils ne font pas dans le rose et les frous-frous (vous imaginez les chevaliers de la Table Ronde en armures roses ? Moi oui, mais ça doit être mon goût illimité pour le kitch.), ils ont une vision très romantique, très dix-neuvième de l’amitié. Y’a qu’à regarder : Sancho Pansa et Don Quichotte, Tintin et Milou (Oups ! pardon, c’était le capitaine Haddock qui allait bien pour cet exemple), les mousquetaires, Starsky et Hutch, Satanas et Diabolo, Alix et Enak, etc. Certaines pourront voir ici des couples célèbres de pédés refoulés. Eh bien, non ! Ce sont les modèles culturels de référence de l’Amitié masculine portée au pinacle. La seule exception féminine étant Véronique et Davina. Je crois qu’on peut donc décemment se poser la question de la place de l’amitié pour la femme. Voire celle de la place de cette amitié-là dans la vie des femmes. Dans mes souvenirs d’hétérolife, l’amitié entre filles explosait souvent sous les assauts de la première libido masculine qui passe. Et j’exagère à peine. Entre deux femmes d’âge mûr, grandes amies à la face du monde, il y a souvent un mari infidèle (infidèle à l’une, si ce n’est aux deux). Entre deux grabataires, les petites mesquineries ne sont pas rares (surtout à l’heure du goûter, il paraît). Alors quoi ? L’Amitié n’est pas de mise ? Si, si. (Sissi, encore une qui n’avait pas de « vraie » amie, tiens !) C’est juste que cette fichue valeur suprêêêême n’a pas le même sens. Elle ne s’inscrit pas hors du temps, hors de la réalité, au-dessus de tout. Elle est plus souple, moins exclusive, moins romantique. Pourtant, certaines femmes traînent en bandes, passent des heures à se taper sur l’épaule, boire des canons et raconter des histoires salaces, vont au bout du monde (de la France ou même du département, ça marche aussi, hein !) pour soutenir une pote dans le souci, etc. Quelles femmes ? Aucunes, selon ces messieurs. Les goudous, selon moi. Alors Milan ? Il se fourre le doigt dans l’œil ? Eh bien, non. Il a juste oublié que le romantisme de la lesbienne, s’il est sucré comme celui de toutes les femmes, est aussi épique, comme celui des hommes (de Cro-Magnon, il faut bien l’avouer). La lesbienne a réinventé l’amitié ! Alléluia !!! |
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Tranquillou |
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Ps : je vous conseille tout de même Milan Kundera en général, et ce livre, L’Identité, en particulier. |
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