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Sus à l’hétérophobie de la télévision ! ( et aux titres compliqués) |
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Pour mon grand retour à la chronique télé, j’ai décidé de soutenir une communauté surreprésentée à l’échelle mondiale et pourtant maltraitée par la télévision : nos amis les hétéros. Les lectrices les plus attentives me feront remarquer que nous sommes sur le site "de la gouine qui" et que je me trompe peut-être de cible. Je les féliciterais dans un premier temps de suivre mais je leur indiquerais dans un second temps que les Fées du Logis ont également une démarche féministe et que selon toute vraisemblance la moitié (ou presque) des hétéros sont des femmes. Voilà donc un petit panorama des émissions sexistes et hétérophobes (ne reculons pas devant les mots) que le petit écran nous propose en ce moment. Commençons par "le Bachelor" ! L’ambition de cette merveilleuse émission est de faire rencontrer à un beau garçon friqué mais célibataire la femme de sa vie. Pour cela, la 6 procède à un grand casting et offre vingt nanas en pâture à l’heureux candidat au bonheur. Bon, je le reconnais, ça part mal, le concept est déjà super sexiste Mais si ce n’était que ça ! En fait la chaîne de télévision se fout totalement du gentil célibataire plein de sous. La preuve, cette année il n’a trouvé personne. Non, non, la direction cherche juste à trouver de nouvelles bimbos pour présenter la météo. En plus, ces filles, que personne n’a obligé à aller au casse-pipe, en rajoutent. A croire qu’elles ont décidé de m’agacer Elles sont méchantes entre elles, se traitent d’allumeuses ou pire, de "filles pas bonnes à marier". Je vous jure, il y a des baffes qui se perdent ! Sur la même chaîne, on nous propose une expérience sociologique majeure : deux mères échangent foyer et enfants le temps d’une semaine pour mieux appréhender la vie d’une autre famille, en comprendre les rouages et peut-être s’en inspirer pour améliorer leur quotidien. En français dans le texte, ça donne "On a échangé nos mamans". Là, ce qu’on aime, c’est le choc ces cultures. Les pauvres contre les riches, les gros contre les maigres, les (pseudo) intelligents contre les incultes, les sédentaires contre les nomades, etc. Les femmes sont en général des viragos odieuses qui dirigent leurs foyers d’une main de fer. Les hommes subissent la dictature de leurs épouses. Les enfants sont là pour décorer et éventuellement réconforter la maman en déroute si le mari se réveille. On vous rassure, c’est rarissime ! A l’écran, ça donne lors de la découverte des foyers : « oh que c’est moche ici ! », « oh mon Dieu, des gens de couleur ! », « oh la dame qui va me remplacer est grosse. Mon mari n’aime pas les grosses ! » No comment Si vous traversez une phase de misanthropie aiguë, n’allumez surtout pas votre télé sur la Une le lundi soir. En effet, dans "Confessions Intimes", on vous présente des couples en crise. Premier cas de figure, un jeune couple travaille ensemble dans un bar et cette promiscuité remet en cause leur vie amoureuse. On ne met pas beaucoup de temps à comprendre que le mec est un gros blaireau macho et que sa femme a deux de QI. Il passe son temps à la tancer devant les clients de son bouge et elle à lui faire des crises de jalousie quand une pouffe maquillée comme une bagnole volée lui adresse la parole. Devant les gosses, Roger explique à sa moitié qu’elle est vraiment une moins que rien et qu’il se demande comment il fait pour la supporter. Malgré nos hurlements devant le petit écran, elle ne lui en colle pas une et reste stoïque Ne criez pas grâce tout de suite, voilà déjà le second reportage. Vous cherchez la morale dans le premier, oubliez, il n’y en a pas. Si ça trouve, à l’heure où j’écris ces quelques lignes, ils sont encore ensemble. Dans le sujet qui suit, on nous présente Robert, moins de 30 ans, passionné par le tuning. Ça commence fort. Il est marié à Evelyne, même âge. Le décor est vite planté. Le garçon est au chômage. Sa femme trime 39 heures par semaine pour ramener un peu de sous au foyer histoire de nourrir le blaireau et leur premier enfant. Malheureusement le blaireau mentionné plus haut claque tout l’argent du ménage dans des accessoires de tuning ! Non, je n’invente pas et comme si ça ne suffisait pas, la courge, qui a acheté la voiture, ne peut même pas l’utiliser pour aller à son travail qui est à une heure en transport en commun de chez elle, sans compter le quart d’heure de marche à pied parce que son copain refuse de lui prêter, de peur qu’elle abîme, la caisse toute rutilante. Honnêtement, vous avez envie de latter qui, là ? Après le reportage, je me suis sentie l’âme d’une super héroïne et j’ai voulu aller délivrer Evelyne et sa gosse parce que je ne vous ai pas tout dit. Il décore ses murs façon tuning, le beauf, jusqu’aux toilettes et à la chambre de la petite et quand on lui explique qu’il devrait peut-être se réveiller, il répond calmement que ça prendra du temps ! La lesbienne, qui râlait hier qu’on ne la voyait pas assez à la télé, se réjouit aujourd’hui que le petit écran l’oublie. Cette même lesbienne ne peut pas oublier que si elle l’est, c’est surtout parce qu’elle aime les femmes, alors elle a envie d’éteindre la télé parfois ou même de la casser et de sautiller dessus en proférant des injures |
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Agnès |
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