Le bien qu’on se donne



Onanisme, quel joli mot…

Mais que se cache-t-il derrière si suave sonorité ?
Ensemble des pratiques, notamment des pratiques auto-érotiques, utilisées pour parvenir à l'orgasme en dehors du coït normal, nous dit le TLF *.
Le petit Larousse illustré, bien plus sobre et succint, dira simplement : Masturbation.
Ce mot vient de Onan, un vilan monsieur qui, dans la bible, a refusé d’épouser la veuve de son frère… Quant à masturbation, elle trouve son origine dans manus (main) et stuprare (salir). Ça laisse songeuse.

De l’Eglise à la psychanalyse, on y a vu de tout temps une activité pour le moins répréhensible, contre laquelle il faut lutter de toutes ses forces (éducatives et morales). Car si elle participe de l’évolution normale de l’enfant (autour de 3 ans), plus longtemps c’est pêcher ! Voire même maladie grave…

Bien bien, mais passons outre ces tabous et revenons à l’écoute de notre corps…
La masturbation a, il faut le dire, quelques atouts.
En nous permettant de découvrir notre corps, elle nous donne aussi des "clés" pour découvrir celui de notre partenaire. Loin de moi l’idée de conseiller aux nouvelles venues aux joies du sapphisme de se masturber à tout rompre, afin de ne pas se trouver trop démunies face à la surpême "première fois"… Mais force est d’admettre que cela peut aider à surmonter certains questionnements a priori.

Autre avantage, et non des moindres, elle peut servir de compensation quand les circonstances ne permettent pas de partager l’acte sexuel tant espéré avec votre belle (soit qu’elle n’existe pas ou plus, soit qu’elle soit loin… voire de l’autre côté de l’écran [cf. un article précédent], soit qu’elle soit "momentanément indisponible", etc.).

Et puis bien sûr et avant tout : qu’est-ce que c’est boooooooooooonnnnnnnn !!!
Bah oui, quoi ! Si la notion de plaisir a, en d’autre temps, été conspuée, honnie et même bannie, il n’en est plus question aujourd’hui. En tout cas pas au beau pays des lesbiennes épanouies.
Et n’est-ce pas une bonne alternative à la frustration provoquée par cette sensuellisime hétérote que vous croisez tous les matins dans le métro… qui, il est vrai, ne vous offrira probablement jamais rien de plus que l’occasion d’un plaisir, solitaire, certes, mais bien réel.

D’un point de vue purement pratique, nous avons les choix des armes…
Seule ou à deux. Oui oui, à deux ! (ou trois, ne soyons pas sectaires) L’excitation toute particulière de se masturber aux côtés de sa partenaire ; ou de la regarder se donner du plaisir. J’entends déjà grogner les puritaines, mais qu’elles essayent… Après tout, personne n’a rien à perdre à tenter ce genre d’expérience.
Avec ou sans accessoire, tranquillement installée(s) sous la couette ou la douche, en cachette au bureau ou à la sauvette dans le train… Les lieux et occasions ne manquent pas.
Un bref tour de table à ce sujet laisserait même penser que l’imagination non plus, ne fait pas défaut à la lesbienne du XXIème siècle.

Varier les plaisirs (mais attention quand même aux concombres et autres courgettes… la solidité reste alléatoire) pourra être le maître mot de certaines. Un petit soupçon de conformisme aura l’agrément d’autres…
Quels que soient le style, la forme (où ça un jeu de mots?), l’inspiration… n’oubliez pas : on n’a souvent que le bien qu’on se donne.
Alors faites plaisir ; faite-vous plaisir !!!


Hysten & Tranquillou


* TLF : Trésor de la langue française informatisé. Une sorte d’encyclopédie sur le net bien pratique et complète ! À découvrir, pour les amoureuses de la langue… hum.


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