Comment – grand dieu - pourrais-je bien appeler mes beaux-parents ??


Jamais vous n’auriez cru devoir vous poser cette question existentielle, en tant que lesbienne affirmée ou plus ou moins « in the closet », tout simplement parce que vous n’auriez pas imaginé que les parents de votre compagne allaient vous accepter avec autant de gentillesse et de naturel – et pourtant dieu sait si au XXIème siècle on ne devrait surtout pas avoir à se faire ce genre de remarques !! Vous n’auriez même pas imaginé d’ailleurs les rencontrer un jour et envisager de passer un week end avec eux. Et pourtant, c’est bien ce qui est arrivé !

Ils ont beau être parfaits, intelligents, s’intéresser à vous et à votre couple, vous faire des petits cadeaux toujours très à propos – non, je n’ai pas l’intention de demander votre fille en pacsage ! - et même vous tutoyer depuis le premier jour comme si vous étiez un de leurs enfants, vous n’arrivez pas à les appeler autrement que Monsieur et Madame Duschmoll…

Difficile dans ces conditions de se sentir à l’aise et de pouvoir leur rendre la pareille en matière de politesse. Sans compter que vous ne souhaitez surtout pas passer pour la lesbienne glaciale et malpolie qui hante les esprits des hétéros les plus banalement formatés.

Vous voilà donc à quelques jours d’une nouvelle confrontation, cette fois-ci au sein même de votre petit nid d’amour et pour la durée d’un week end complet – si ces circonstances ont toutefois une quelconque influence sur la teneur des questions envahissant présentement votre esprit - bref vous voilà donc à vous mettre la tête à l’envers, à vous dire que décidément si, dans certaines situations, il est possible encore de les appeler Monsieur et Madame Duschmoll, il reste qu’au saut du lit, quand chacun est encore en robe de chambre et que vous avez, vous comme eux, les cheveux dressés sur la tête et les yeux bien collés de sommeil, que vous venez de verser le lait sur leurs jolis pantoufles plutôt que sur vos céréales, il semble bien que dans une telle situation – vous en conviendrez vous-mêmes, j’en suis convaincue - il serait bien indélicat de les appeler ainsi !! Disons que cela n’aurait probablement pas un effet apaisant…

Que vous n’envisagiez pas de les tutoyer, c’est un bon choix, mais vous pourriez tout de même envisager de lancer un prénom à la cantonade quand le besoin s’en fait sentir et notamment au milieu de cette passionnante partie de Uno quand tout le monde s’énerve sur le petit dernier qui n’arrête pas de tricher… ou tout simplement pour appuyer leurs propos lorsque leurs enfants se mettent collectivement à dénigrer leurs opinions !!

Si vous aussi vous avez eu de telles pensées, si vos joues en sont devenues rouges de honte et si vous en avez perdu l’ensemble de vos moyens à l’occasion, n’hésitez pas à témoigner !