"Assumez ! Assumez !", qu'ils disaient


J'assume, tu assumes, il/elle assume, nous assumons, vous assumez, ils/elles assument…

Ça m'assomme !!!!

C'est vrai à la fin ! Qu'est-ce qu'on a à assumer ? Qu'est-ce qu'ils ont à assumer ?

Et qu'est-ce que ça veut dire en réalité ?

L'Académie Française dit que s'assumer consiste à "se reconnaître pour ce que l'on est".

Tout un programme… Je suis une femme et je l'assume. Je suis pas sportive et je l'assume. Je suis hypermétrope et je l'assume. Je fume et je l'assume. Je suis lesbienne et je l'assume.

Tout ça paraît relativement simple finalement. Il suffit de reconnaître ce qu'on est, qui on est. Oui, encore faut-il en être conscient. Encore faut-il s'en être rendu compte. Mais une fois qu'on le sait, il est facile de se reconnaître comme telle.

Pas aussi facile de l'accepter ? Peut-on refuser d'être ce que l'on est ? On peut toujours se voiler la face, faire l'autruche et se mettre la tête dans le sable. Mais ça change quoi ?

Alors quand on parle de la difficulté à s'assumer, de quoi parle-t-on ?

De la difficulté de s'assumer face aux autres sans doute. De la difficulté de faire reconnaître aux autres ce que l'on est. De la difficulté des autres à assumer ce que l'on est.

C'est un comble ! Une fois que l'on a fait tout le boulot de se comprendre, de s'accepter, il nous faut encore prendre en charge ce que les autres n'assument pas ?

Parce qu'il s'agit bien de ça. Toutes ces histoires de coming-out familial, toutes ces histoires familiales après le coming-out, elles parlent bien de ça.

Un petit exemple, juste pour rire (jaune un peu, et c'est pas parce que je fume) :

Premier mariage dans ma famille auquel je suis invitée avec la femme qui partage ma vie depuis plusieurs années. Déjà, on s'est retrouvées à la table des célibataires, des divorcés venus seuls et des originaux qu'on ne sait pas où mettre. Ça, c'est la partie la plus agréable. Mais ma mère, ma chère mère, a passé toute la journée à tourner autour du pot en nous présentant : Mireille ma fille, et sa…. Euh… son amie… une amie…et parfois rien du tout d'ailleurs, juste un sourire gêné…

Ah ben oui maman, je suis désolée si personne ne t'a appris comment assumer ce que mon amoure est pour moi. Si personne ne t'a appris comment parler de la femme qui partage ma vie. Et pourtant, tu es parfaitement capable de parler de l'ex de mon frère divorcé.

Mais ce n'est pas mon problème ! Si tu n'aimes pas ce que je suis, si ça te gêne, tant pis pour toi. Il s'agit de ma vie et pas de la tienne. Alors ne me fais pas supporter le poids de ton malaise. Je n'ai rien à t'avouer, je n'ai rien à cacher et si ma vie te pose un problème, alors ne t'en mêle pas.

En fait, quand on se reconnaît et qu'on s'accepte comme lesbienne, le plus pénible reste bien de supporter ce que les autres, et en particulier les proches, nous renvoient de malaise, d'inconfort et parfois, encore trop souvent, de rejet face à ce que l'on est. Alors basta ! Laissez nous vivre et respirer !