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Depuis quelques années, les enseignements et recherches sur le genre et les sexualités ont pris place dans le cadre universitaire français. Cependant, à quelques exceptions près, les initiatives ont été individuelles et la reconnaissance de ce champ pluridisciplinaire est loin d'être réalisée. C'est pourquoi l'Observatoire des Moeurs de l'Université de Reims ainsi que l'équipe SIMONE-SAGESSE (EA 3053) de l'Université de Toulouse-Le-Mirail ont décidé de monter un réseau interuniversitaire sur ces questions : REGENSE, dont une première ébauche fût dessinée lors de l’Université d’Ete Euroméditerranéenne des Homosexualités, à Marseille, en 1999. Le collectif est constitué en association régie par la loi de 1901 et son siège se trouve à Reims. Il est ouvert aux enseignant-e-s, chercheur-e-s, étudiant-e-s et à toute personne travaillant sur le genre et les sexualités. Sa vocation est prioritairement nationale, bien que n’empêchant pas que l’on s'intéresse aux réalisations et mutations à l’œuvre dans d’autres pays. REGENSE entend donc représenter un tremplin pour l’essor de l'enseignement et de la recherche sur le genre et les sexualités. Ses promoteurs estiment qu’outre la création de diplômes dans l'enseignement supérieur, celle de structures de recherche et d'emplois spécifiques, il est nécessaire de faire face à la demande sociale de plus en plus importante, en sorte notamment de répondre aux nouvelles dispositions légales sur l'éducation à la sexualité dans l'enseignement secondaire. Avec l'aide du Ministère de l'Education Nationale, ce réseau organisait les 15 et 16 mars 2002, un colloque national destiné, précisément, à dresser un état des lieux de l'enseignement et de la recherche sur le genre et les sexualités et à dégager des objectifs de développement pour les années à venir. En dépit de l’absence regrettée de quelques intervenant-e-s annoncé-e-s, notamment sur la question queer, l’événement s’est plutôt soldé par un succès. Ainsi l’amphithéâtre Dussane de l’Ecole Normale Supérieure de la Rue d’Ulm n’a pas désempli tout au long de ces deux jours. Au-delà des difficultés éprouvées à s’accorder sur la définition de « genre et sexualités » (l’emploi du pluriel pour un terme et pas pour l’autre posant déjà problème), des débats souvent enflammés avec un public très mixte ont succédé aux diverses tables rondes, déclinant les sujets suivants :
1) « L'émergence d'un thème » : à propos de la lente adaptation des institutions françaises ; frustrations passées/ espoirs actuels de légitimation. Pour celles et ceux que ces perspectives motivent, il est possible d'adhérer au réseau REGENSE en s'adressant à Gérard Ignasse , Observatoire des Mœurs, Université de Reims, 57 bis rue P. Taittinger, 51096, Reims Cedex.
(*) Suggestions de lecture :
- DORAIS M., Eloge de la diversité sexuelle, Montréal, VLB éditeur, 1999 - KATZ J. N., The invention of heterosexuality, New York, Dutton, 1995 - WELZER-LANG D., DUTEY P. et DORAIS M. (dir.), La peur de l’autre en soi. Du sexisme à l’homophobie, Montréal, VLB éditeur, 1994 |