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In or out ? ? ? Après les remous suscités au sein des Fées, il y a un certain temps par des questions identitaires, je m’étais posé des questions existentielles… Être dans le placard ou non… Bien sûr pas sur la question de mon homosexualité, mais sur mes origines… A l’époque, j’avais pris la décision de taire ces origines, allant jusqu’à rompre le lien entre le site des Fées et mon site perso. Depuis, certaines choses m’ont fait réfléchir et, à la limite, revenir sur cette position. D’abord l’article de Laura sur son " gaydar myope ", puis certaines choses que j’ai vécues récemment, notamment des agressions homo-transophobes, puis les remous avec la Barbare, puis… Et merde !!! je suis encore en train de me justifier. En fait être ou avoir été transsexuel-le, c’est trimbaler des paquets de culpabilité accrochés à ses pompes…. On se dit queer, et puis, on a honte… honte d’avoir eu entre les jambes un sexe de mec, de s’en être servie, honte de ne pas avoir eu le label rose d’entrée de jeu… honte d’être trop grande, honte d’avoir des petits seins, honte d’être différente… Bref, tout ce que nos détracteurs (adversaires ? ennemis ?) attendent… Qu’on se sente mal à l’aise, que ce malaise ressenti nous rôle au grand jour et qu’on devienne ces caricatures qu’ils attendent au tournant, ou qu’on mendie notre légitimité comme une faveur que la société nous concèderait dans sa grandeur d’âme !! Ben non…ça marche plus ce truc ! ! ! Pas question de porter ce que j’ai été comme un étendard, ça m’appartient… J’ai été sollicitée maintes fois pour une médiatisation de ma situation et j’ai toujours refusé à un ou deux articles près. Ce que je souhaite maintenant, et c’est pas gagné, c’est simplement ne plus avoir honte de ce passé, c’est pouvoir vivre avec sans le ressentir comme une tare, ne plus craquer régulièrement, ne plus jouer le jeu de la comparaison avec les autres femmes, jeu auquel je pars systématiquement perdante. Me dire que je partais avec un handicap et que finalement j’ai gagné que j’ai vaincu mon corps en devenant moi, que j’ai réussi à imposer au système tout entier : professionnel, administratif, social, mon identité réelle, que j’ai assumé face au monde ce qui est, quand on le garde en soi, un des plus lourds secrets… Bon…voilà je passe de la dévalorisation à la survalorisation… ? ? ? le transsexualisme, ça ne rendrait pas un peu excessive ? ? ? Peut-être c’est ça, le problème… Tu cherches tellement toi, que tu le confonds avec l’idée de toi …. Tu te condamnes sans appel pour des choses que tu as vécu en secret, tu as l’impression d’avoir menti à tout le monde, d’avoir trahi chaque amante de ton ancienne vie en ne lui disant pas qu’en fait elle faisait l’amour avec une femme, d'avoir systématiquement fait acte de lâcheté... Tu te méprises quand tu te souviens de ton corps imparfait, de cette fille dans le miroir avec des poils sur le visage, des seins de femme et un sexe d’homme, de cette sensation de collage qui te donnait envie de vomir, de ta peur quand tu parlais, pensant au féminin et traduisant au masculin… Tu te condamnes aussi pour des choses que tu as vécu quand tu es sortie au grand jour, d’avoir fait du mal à tes proches en assumant ton identité, d’avoir pourri la vie de ton fils, d’avoir fait pleurer ta mère…. Puis le triomphe…. Plus besoin de traduire
au masculin…plus de poils sur le visage… un sexe de femme…
l’impression de collage qui s’estompe… l’euphorie…. et baoooum ! ! ! !
on te ramène aux
dures réalité ; opérée ou pas,
ma louloute, tu seras jamais une femme comme les autres, tu as pas les mêmes
gènes, tu peux pas échanger ton Y contre un X, c’est raté, au moins pour
cette vie-là essaie de revenir en deuxième semaine,
etc.
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