"L'incident" par Steph

 

La Barbare a prétendu nous donner des leçons de tolérance… J’en suis encore toute émue et… pas prête d’y refoutre les pieds !

Grâce à la Barbare, j’ai appris que le monde se partage en subtiles catégories : les lesbiennes non nées femmes, les lesbiennes non nées françaises, et donc pourquoi pas, si on pousse le raisonnement : les lesbiennes non nées lesbiennes ou nées par césarienne… tout tient à la naissance plutôt qu’à l’être et à son devenir. Bref, une série de petites boîtes où il faudrait se tenir bien rangées, bien divisées.
Pourtant, plus on se divise, plus on est petites et donc moins on a de voix. A force de s’éparpiller, on disparaît…
Sous des allures libertaires, cette association cache son sectarisme. Elle clame sa tolérance, son ouverture d’esprit et vire les gens qui la dérangent ! La Barbare serait-elle schizo ? Elle nie virer les transexuelles de chez elle et s’offusque à l’idée qu’on ait pu l’en soupçonner. Pourtant… le règlement (implicite mais que tout le monde est sensé connaître !) est clair : les « femmes non nées femmes » sont exclues. Ces femmes ne subissent-elles pas le même sexisme que les autres femmes ? Toujours les renvoyer à un passé douloureux qu’elles aimeraient oublier : n’est-ce pas nier leur quotidien et leur signifier qu’elles ne sont pas comme les autres ?

La Barbare est d’une intolérable intolérance et recrée chez elle le même système d’exclusion que celui de la société patriarcale dont elle prétend remettre en question les mécanismes, les règles. Refusant la différence, elle rejette sans connaître.



Stéphanie